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Publié : 12 février 2014
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Suétone, Vie de Néron

Une nouvelle traduction !

Une nouvelle édition de la Vīta Nerōnis a été publiée par les éditions du Reliefen novembre 2013, à l’intention des jeunes gens qui présenteront le latin au bac en 2013 et 2014, accompagnée d’un dossier complet, d’extraits de traductions du XVIe siècle à nos jours et d’une abondante annotation, tant au plan de la langue qu’à celui de l’histoire. Voici la présentation qu’en font les auteurs :

À l’occasion de l’inscription de la Vīta Nerōnis au programme du baccalauréat pour les années 2014 et 2015, nous nous proposons d’offrir aux lycéens et aux amateurs de latin une édition qui renouvelle et refonde l’étude du latin. Cette édition rend accessible le texte de Suétone, en latin, et avec l’appui des technologies du XXIe siècle.

Mission impossible, nous répondra-t-on : le latin, définitivement, n’est pas une langue « facile » ; même un latiniste chevronné doit, pour lire un texte en latin, fournir un effort considérable. Le seul moyen d’échapper à la difficulté du latin, c’est d’échapper au latin. Il est vrai que si l’on ne s’intéresse qu’à ce qui est facile, mieux vaut fuir l’étude du latin ; mieux vaut même,d’ailleurs, fuir les études en général...

Là n’est pas la question. Nous nous adressons à ceux qui souhaitent accéder directement à un texte écrit voilà deux mille ans, et avoir le sentiment d’approcher le plus près possible l’esprit et la voix du peuple qui domina le monde pendant plus de cinq cents ans. À ceux-là, nous proposons un texte à la fois complet et accessible. Comme nous n’avons pas eu la chance que nos parents nous parlassent latin au berceau, nous acceptons bien volontiers quelques béquilles pour le lire « dans le texte ».

Pour ce faire, nous continuons une solide tradition scolaire, en accompagnant le texte d’un dossier et de notes qui éclairent et font vivre le monde que décrit Suétone. Surtout, nous reprenons l’édition du texte pour qu’elle soit le plus accessible pour des jeunes gens nés à la fin du XXe siècle, à l’exemple des grammairiens alexandrins qui rendaient accessible Homère et Sophocle aux Égyptiens, aux Perses, aux Indiens, qui avaient appris le grec comme une langue étrangère.

D’une part, toutes les difficultés de la langue de Suétone, lorsqu’il s’écarte de la norme grammaticale scolaire, sont éclaircies par des notes de bas de page. D’autre part, avec l’aide que nous offrent les logiciels modernes de traitement du texte, nous avons revu toute la ponctuation traditionnelle du texte, puisqu’elle relève presque intégralement de l’éditeur (elle était quasi inexistante à l’époque classique), toujours pour rendre la lecture plus fluide et l’analyse plus souple. Ainsi, nous avons raccourci autant que possible toutes les phrases. Non que nous les ayons amputées : nous avons simplement placé un point dès que c’était logiquement possible, y compris en cas d’asyndète, de coordination par un simple -que. Bien plus souvent que nos prédécesseurs, nous avons considéré les pronoms relatifs comme des « relatifs de liaison ». De sorte que le nombre de « périodes », de longues phrases devant lesquelles notre esprit, quelquefois un peu embrumé ou découragé, reprend son souffle avec une légère pointe d’angoisse, est considérablement réduit. Nous avons aussi usé de la virgule et du point-virgule sans parcimonie, considérant en particulier que les participes sont apposés, quand bien même le pronom auquel ils se rapportent n’est pas exprimé, de sorte que les groupes de mots sautent aux yeux du lecteur : le temps de réflexion et d’analyse est dès lors raccourci.

Enfin, avec l’aide du logiciel Longīs, élaboré par Gilles de Rosny, nous avons marqué par des signes de « longue » (des macra) toutes les voyelles longues du texte. Aux passionnés qui souhaitent s’approcher autant que possible de la vōx latīna, de son accentuation et de sa prosodie, ces signes diacritiques apportent une aide précieuse ; mais surtout, quel que soit l’intérêt qu’on porte à la restitution de la voix des latins, cette information supplémentaire simplifie la tâche de qui veut comprendre un texte latin. De même qu’un Latin entendait qu’un nom en -ā était un ablatif, qu’un autre en -ūs était un génitif, de même notre lecteur moderne verra que tel adjectif en -a ne saurait se rapporter à tel nom en -ā.

Si vous êtes latinistes, faites-en l’expérience ; lisez quelques lignes de notre édition. Vous constaterez de vous-même combien la lecture en est facilitée. Si vous êtes enseignant, faites l’expérience d’en traduire un passage avec vos élèves. Vous verrez la différence !

Nicolas Lakshmanan, professeur agrégé de grammaire

Christophe Raphel, professeur agrégé de lettres classiques